Toute personne majeure peut rédiger ses « directives anticipées ». Ce sont vos volontés, exprimées par écrit, sur les traitements ou les actes médicaux que vous souhaitez ou non, si un jour vous ne pouvez plus communiquer après un accident grave ou à l’occasion d’une maladie grave.
Elles concernent les conditions de votre fin de vie, c’est à de dire de poursuivre, limiter, arrêter ou refuser les traitements ou actes médicaux.

QUI PEUT LES REDIGER?
Toute personne majeure peut rédiger ses directives anticipées.
Une personne sous tutelle ne peut pas rédiger de directives anticipées sauf si elle obtient l’autorisation du juge ou du conseil de famille. Le tuteur ne peut ni l’assister ni la représenter.
C’est une possibilité et non une obligation.
Le médecin traitant informe ses patients de la possibilité et des conditions de rédaction des directives anticipées

QUAND PEUT-ON LES REDIGER ?
Vous pouvez les rédiger à n’importe quel moment de votre vie que vous soyez en bonne santé, malade ou porteur d’un handicap.
Elles sont valables sans limite de temps mais elles sont modifiables à tout moment. En présence de plusieurs directives, le document le plus récent fera foi.

COMMENT LES REDIGER?

Vous pouvez écrire vos directives anticipées sur le formulaire proposé ci-après.

Deux formulaires issus de l’arrêté du 3 août 2016 vous sont proposés :

Si vous ne souhaitez pas utiliser le formulaire, elles doivent néanmoins faire l’objet d’un document écrit, daté, signé par vous-même, et comporter votre nom, prénom, date et lieu de naissance.

Si vous vous trouvez dans l’impossibilité de les rédiger, vous pouvez demander à deux témoins, dont la personne de confiance, d’attester que le document que vous n’avez pu rédiger vous même est l’expression de votre volonté libre et éclairée. Les témoins doivent indiquer sur l’attestation leur noms et qualité. Un modèle de formulaire est disponible en cliquant ICI

OU LES CONSERVER ?
Il est essentiel que l’existence de vos directives anticipées soit connue. Elles doivent être facilement accessibles pour le médecin appelé à prendre une décision vous concernant notamment de limitation ou d’arrêt de traitement dans le cadre d’une procédure collégiale.

Elles peuvent être:

  • Conervées dans votre dossier médical partagé ;
  • Confiées à votre médecin ;
  • Confiées à l'hôpital dans le cas où vous seriez hospitalisé;
  • Confiées votre personne de confiance, à un membre de votre famille ou un proche.
  • Conseréves dans un registre national.

Vous pouvez donner des copies à plusieurs personnes et/ou conserver le formulaire avec vous et signaler son existence et son lieu de conservation sur une petite carte facilement accessible.

Si vous les modifier ou les annuler, n’oubliez pas de prévenir les personnes qui les avaient et de donner le nouveau document à la (aux) personne(s) de votre choix.

QUEL EST LEUR CONTENU ?
Les directives anticipées expriment vos volontés en ce qui concerne :

  • Le maintien artificielle ou non en vie ;
  • Les traitements ou les techniques et les actes médicaux que vous souhaitez ou non dans le cas où vous seriez hors d’état d’exprimer votre volonté (sonde d’alimentation, aide respiratoire, réanimation, traitements destinés à maintenir artificiellement en vie…) ;
  • la fin de vie : conditions de poursuite, de limitation ou d’arrêt ou de refus de traitement ou d’actes médicaux ; vos souhaits en matière de soins palliatifs ;
  • La possibilité de bénéficier d’une sédation profonde et continue jusqu’au décès ;
  • vos convictions personnelles.

En résumé, ces directives anticipées doivent contenir ce qui remplacera votre parole, si celle-ci devenait impossible.

Elles s’imposent au médecin pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement. Il doit donc les rechercher le plus tôt possible pour en prendre connaissance et les respecter. Seules vos volontés de nature médicale constitueront des directives obligatoires pour les médecins.

Cependant, le médecin peut refuser, à l’issu d’une procédure collégiale, de les appliquer dans trois hypothèses :

  • Lorsqu’elles sont manifestement inappropriées ;
  • Lorsqu’elles sont non conformes à la situation médicale du patient ;
  • En cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation.

Cette décision doit être portée à la connaissance de la personne de confiance, ou à défaut, de la famille ou des proches.

QUE SE PASSE-T-IL SI VOUS N'AVEZ PAS REDIGE DE DIRECTIVES ANTICIPEES?
Les soins et traitements de confort (prise en charge de la douleur, de difficultés respiratoires, de l’angoisse...), qui s’imposent à tous les soignants, seront bien sûr poursuivis et renforcés si besoin. L’objectif est de permettre une fin de vie sans souffrance.
Même s’il n’y a pas de directives anticipées, si vous êtes un jour hors d’état d’exprimer votre volonté, la loi demande aux médecins de ne pas commencer ou de ne pas poursuivre des traite¬ments qui leur sembleraient déraisonnables, c’est-à-dire inutiles ou disproportionnés, et qui n’ont d’autre effet que de vous maintenir artificiellement en vie.
Dans ce cas, le médecin consultera votre personne de confiance si vous l’avez désignée ou à défaut, votre famille ou vos proches afin de savoir quelle est votre volonté. Il prendra une décision après avoir consulté un autre médecin, en concertation avec l’équipe de soins.