asiledepartemental

 

En 1838 intervient la loi sur les aliénés. Elle crée des établissements d’accueil dans chaque département sous contrôle de l’autorité publique, précise les modes d’entrée sous contrainte et donne un statut aux malades à l’intérieur de l’établissement. L’aliéné devient un malade qui a le droit d’être soigné.

A la suite de la promulgation de cette loi et sur proposition du préfet, le Conseil général décide en 1842 de placer les malades masculins à Lommelet et de faire de Saint-Venant un asile exclusivement consacré aux femmes tout en maintenant le principe de son abandon.

Suite à une ordonnance du 18 décembre 1839, les asiles deviennent des établissements publics sous l’autorité ministérielle et préfectorale.

Pour éviter la fermeture de l’asile, un plan de réorganisation de l’établissement, proposé par le Docteur Leroy, qui en devint le directeur, améliore en quelques mois la situation de l’établissement.

Au regard de cette amélioration et de l’augmentation importante du nombre de patients, le Conseil général décide en 1865 de construire un établissement exclusivement réservé aux femmes, situé hors de la ville. 11 pavillons seront construits en 1879. Cinq autres, dît « bis », seront rajoutés entre 1910 et 1945 en raison de l’augmentation importante du nombre de malades. Il s’agit des bâtiments actuels de l’EPSM. En 1880, l’établissement comptait 450 malades. 

 

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En 1885, l’ancien « asile-hospice » est transformé pour accueillir les « vieillards » des deux sexes et les « enfants idiots » de sexe masculin.

Durant la guerre 14-18, l’asile joua un rôle important en raison de sa position géographique. Il est situé à une dizaine de kilomètres du front. Il est alors réquisitionné pour soigner les blessés de guerre. En octobre 1914, le 10ème régiment français de cuirassiers installe son ambulance dans un pavillon mis à disposition par le directeur de l’établissement, M. le Dr Cortyl. Il accueillera par la suite les troupes britanniques et indiennes. 

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 De M. FAIVRE : Officier du service médical anglais-écossais et français- au 2ème plan un blessé

 

 

 

 

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   De M. FAIVRE : Les Indiens avant leur départ en 1916

 

Avec l’arrivée en 1917 des soldats portugais, l’asile devient un hôpital de 1ère ligne. Dès le début des offensives allemandes, les malades mentaux sont évacués. Il faut attendre 1918, avec le recul des allemands, pour que l’asile redevienne un lieu d’accueil et de transit des blessés. La ville de Saint-Venant reçoit en 1918 la Croix de guerre.

 

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De M. FAIVRE : Entrée de l’hôpital (hôpital portugais n°2)

 

Ce n’est qu’à partir de 1937 qu’on reconnait les asiles comme de véritables hôpitaux puisque les asiles se transforment en « hôpitaux psychiatriques ». Durant cette même année sont créés les dispensaires d’hygiène mentale (ancêtres des centres médico-psychologiques) avec un rôle de dépistage et de triage. Ils ne se développeront et ne commenceront à fonctionner dans le Pas-de-Calais qu’à partir de 1947.  Ils doivent permettre de suivre le malade au plus prés de son domicile.

La guerre de 39-45 a eu pour conséquence la destruction de nombreux documents. Cependant, on sait que l’établissement a accueilli blessés, réfugiés et enfants, logés dans les caves.

Le 28 juin 1949, l’hospice devient une école de perfectionnement pouvant accueillir 80 enfants des deux sexes, pour la majorité pupilles atteints de débilité mentale, reconnus éducables et exempts de troubles grave du caractère.

On constate après guerre une transformation de l’institution psychiatrique. Les jeunes psychiatres veulent une modernisation des services fermés, une réduction du nombre d’hospitalisations grâce notamment à la prévention, au traitement ambulatoire et à la postcure. De même, le rôle du personnel soignant change avec l’apparition de nouvelles méthodes de soins (en 1941 apparaissent les électrochocs, la cure de Sakel, la sismothérapie, la lobotomie et en 1952 apparaissent les premiers neuroleptiques). Cette transformation de l’institution passe aussi par le départ en 1964 des religieuses.